enfer

enfer [ ɑ̃fɛr ] n. m.
• 1080; enfern Xe; lat. ecclés. infernus, infernum, subst. du lat. class. infernus « d'en bas »
IAu sing.
1Dans la religion chrétienne, Lieu destiné au supplice des damnés. géhenne. « Il sous-entendait [...] qu'il n'y avait que le Paradis et l'Enfer, et qu'on ne pouvait être que sauvé ou damné » (Camus). Réprouvés condamnés aux flammes éternelles, aux ténèbres de l'enfer. Aller en enfer. Le châtiment, les peines de l'enfer (cf. La peine du dam, du sens). Le diable et l'enfer. PROV. L'enfer est pavé de bonnes intentions : les bonnes intentions peuvent aboutir à un résultat déplorable ou nul. — Situation des damnés. « L'enfer, madame, c'est de ne plus aimer » (Bernanos). « Pas besoin de gril, l'enfer, c'est les Autres » (Sartre).
Loc. adj. D'ENFER : qui évoque l'enfer. C'était une vision d'enfer, affreuse, horrible. ⇒ dantesque. Par exagér. infernal . Aller un train d'enfer, dangereusement vite. « Un appétit d'enfer, de ces faims terribles » (A. Daudet). Il joue un jeu d'enfer, très gros jeu. Un feu d'enfer, très violent. — Fam. Remarquable, sensationnel (cf. Du tonnerre). Un plan d'enfer : un projet génial. Un look d'enfer, qui attire le regard.
2Fig. Lieu, occasion de cruelles souffrances. Son foyer est devenu un enfer. Sa vie fut « l'enfer quand elle ne voyait pas Julien » (Stendhal). L'enfer du jeu, de la drogue. C'est l'enfer ! c'est insoutenable.
3Département d'une bibliothèque où sont déposés les livres licencieux interdits au public. L'enfer de la Nationale.
IIAu plur.
1Dans la mythologie gréco-latine, Lieu souterrain habité par les morts, séjour des ombres (Champs Élysées pour les bons, Tartare pour les méchants). Les fleuves des enfers. Le dieu des enfers (Hadès ou Pluton). Cerbère, gardien de l'entrée des enfers. La barque de Charon conduisait aux enfers les âmes des morts. « Minos juge aux enfers tous les pâles humains » (Racine). La descente aux enfers d'Ulysse, d'Énée, d'Orphée...
2Séjour des morts dans la Bible. schéol. Jésus est descendu aux enfers.
⊗ CONTR. Ciel, paradis.

enfer nom masculin (latin ecclésiastique infernum, du latin classique infernus, d'en bas) Dans diverses religions, lieu où des damnés subissent le châtiment éternel. Lieu, situation où l'existence est extrêmement pénible : Leur vie familiale est un enfer. Département d'une bibliothèque où étaient déposés les livres de caractère licencieux ou pornographique, interdits au public. Réservoir enterré destiné à recueillir les eaux de végétation des olives extraites avec l'huile par la pression. Taux (nettement plus élevé que le taux normal) qui, avant 1971, était appliqué par la Banque de France aux effets présentés au réescompte par une banque, lorsque le plafond qui avait été assigné à celle-ci était dépassé. ● enfer (citations) nom masculin (latin ecclésiastique infernum, du latin classique infernus, d'en bas) Louis Aragon Paris 1897-Paris 1982 L'enfer existe. Il est la part du plus grand nombre. Les Yeux et la Mémoire Gallimard Marcel Arland Varennes-sur-Amance 1899-Saint-Sauveur-sur-École, Seine-et-Marne, 1986 Académie française, 1968 Il faut juger un homme à son enfer. Carnets de Gilbert Gallimard Antonin Artaud Marseille 1896-Ivry-sur-Seine 1948 Nul n'a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l'enfer. Van Gogh, le suicidé de la société Gallimard Théodore Agrippa d'Aubigné près de Pons, Saintonge, 1552-Genève 1630 De l'enfer il ne sort Que l'éternelle soif de l'impossible mort. Les Tragiques Théodore Agrippa d'Aubigné près de Pons, Saintonge, 1552-Genève 1630 Satan fut son conseil, l'enfer son espérance. Les Tragiques Georges Bernanos Paris 1888-Neuilly-sur-Seine 1948 L'enfer, […] c'est de ne plus aimer. Journal d'un curé de campagne Plon Paul Claudel Villeneuve-sur-Fère, Aisne, 1868-Paris 1955 Quand l'homme essaie d'imaginer le Paradis sur terre, ça fait tout de suite un enfer très convenable. Conversations dans le Loir-et-Cher Gallimard Henri Fauconnier 1879-1973 Les catholiques envisagent l'enfer sans en mourir, c'est plus confortable que rien. Malaisie Stock Anatole François Thibault, dit Anatole France Paris 1844-La Béchellerie, Saint-Cyr-sur-Loire, 1924 Académie française, 1896 Il était doux de croire, même à l'enfer. La Vie littéraire Calmann-Lévy Victor Hugo Besançon 1802-Paris 1885 L'enfer est tout entier dans ce mot : solitude. La Fin de Satan Victor Hugo Besançon 1802-Paris 1885 Mieux vaudrait encore un enfer intelligent qu'un paradis bête. Quatrevingt-Treize Victor Hugo Besançon 1802-Paris 1885 Quand le poète peint l'enfer, il peint sa vie. Les Voix intérieures, Après une lecture de Dante Marcel Jouhandeau Guéret 1888-Rueil-Malmaison 1979 Qui sait si Dieu ne sera pas sensible toujours plus à son Enfer qu'à son Ciel ? Celui qui aime songe au rien qu'on lui refuse, quand on lui a déjà presque tout donné. Algèbre des valeurs morales Gallimard Jean de La Ceppède Marseille 1550-Avignon 1622 Mon âme est un enfer tout noir d'aveuglement […]. Théorèmes spirituels François, duc de La Rochefoucauld Paris 1613-Paris 1680 L'enfer des femmes, c'est la vieillesse. Maximes Patrice de La Tour du Pin Paris 1911-Paris 1975 Il passe un vent de toute beauté sur l'Enfer […]. Une somme de poésie Gallimard Ernest Renan Tréguier 1823-Paris 1892 Une autorité pourrait bien avoir un jour à sa disposition l'enfer, non un enfer chimérique, de l'existence duquel on n'a pas de preuves, mais un enfer réel. Dialogues et fragments philosophiques, III, Rêves Lévy Arthur Rimbaud Charleville 1854-Marseille 1891 Je me crois en enfer, donc j'y suis. Une saison en enfer, Nuit de l'enfer Donatien Alphonse François, comte de Sade, dit le marquis de Sade Paris 1740-Charenton 1814 Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables. Juliette Jean-Paul Sartre Paris 1905-Paris 1980 Pas besoin de gril, l'enfer, c'est les Autres. Huis clos Gallimard Georges de Scudéry Le Havre 1601-Paris 1667 Académie française, 1649 Depuis le jour fatal que je quittai ma dame, Un enfer portatif j'ai toujours eu dans l'âme. Ligdamon et Lidias, II, 1 Pierre Teilhard de Chardin Sarcenat, Puy-de-Dôme, 1881-New York 1955 Vous m'avez dit, mon Dieu, de croire à l'enfer. Mais vous m'avez interdit de penser, avec absolue certitude, d'un seul homme, qu'il était damné. Le Milieu divin Le Seuil Paul-Jean Toulet Pau 1867-Guéthary 1920 Ne force pas qui veut les portes de l'enfer. Les Contrerimes Émile-Paul John Milton Londres 1608-Chalfont Saint Giles, Buckinghamshire, 1674 Même en Enfer, régner est digne d'ambition ; mieux vaut régner en Enfer que de servir au Ciel. To reign is worth ambition, though in Hell ; Better to reign in Hell than serve in Heaven. Le Paradis perdu, I, 1 Commentaire C'est Satan qui parle. Octavio Paz Mexico 1914-Mexico 1998 Le feu de l'enfer est un feu froid. El fuego del infierno es fuego frío. Puerta Condenada, El joven soldado, III, Conversación en un bar Rabia al-Adawiyya ou Rabia al-Qaisiya 713-Bassora 801 Si je t'adore par crainte de l'Enfer, brûle-moi en Enfer ; si je t'adore dans l'espoir du Paradis, exclus-moi du Paradis. Mais si je t'adore pour toi-même, ne me prive pas de ta Beauté éternelle. Diwan William Shakespeare Stratford on Avon, Warwickshire, 1564-Stratford on Avon, Warwickshire, 1616 Descends, descends en enfer, et dis que c'est moi qui t'y envoie… Down, down to hell ; and say I sent thee thither… Henry VI, V, 6, Gloucesterenfer (expressions) nom masculin (latin ecclésiastique infernum, du latin classique infernus, d'en bas) D'enfer, infernal, très violent, excessif : Feu, train, bruit d'enfer. Enfer !, Enfer et damnation !, jurons, exclamations marquant la surprise, l'étonnement, l'impatience, etc. ● enfer (synonymes) nom masculin (latin ecclésiastique infernum, du latin classique infernus, d'en bas) Dans diverses religions, lieu où des damnés subissent le châtiment...
Synonymes :
- géhenne
Contraires :
- éden
Lieu, situation où l'existence est extrêmement pénible
Synonymes :
Contraires :

enfer
n. m.
rI./r Plur.
d1./d (Avec une majuscule.) Lieu souterrain, séjour des âmes des morts, dans la mythologie gréco-latine. La descente aux Enfers.
d2./d (Bible) Séjour des morts. Entre sa mort et sa résurrection le Christ est descendu aux enfers.
rII./r Sing.
d1./d Dans le christianisme, lieu de supplice des damnés. Le paradis, l'enfer et le purgatoire.
Dans le bouddhisme vietnamien, empire des ténèbres où les âmes des coupables seront châtiées après leur mort.
d2./d Fig. Une vie d'enfer, pleine de tourments.
|| Un feu, un bruit d'enfer, extrêmement violents.
d3./d Fig. Souffrance permanente. Sa vie est devenue un enfer.
d4./d Partie d'une bibliothèque qui contient des ouvrages interdits au public. L'enfer de la Bibliothèque nationale française.

⇒ENFER, subst. masc.
I.— Gén. au plur.
A.— [Dans l'Antiq.] Lieu souterrain où séjournent les morts. Les enfers contenaient les Champs-Élysées et le Tartare (Ac.). Mercure vint saisir l'audacieux [Sisyphe] au collet et l'ôtant à ses joies, le ramena de force aux enfers où son rocher était tout prêt (CAMUS, Sisyphe, 1942, p. 164). Il y a, au-dessus de la ville, une caverne dont nos jeunes gens n'ont jamais trouvé le fond; on dit qu'elle communique avec les enfers (SARTRE, Mouches, 1943, I, 5, p. 38) :
1. Il s'agit de sa [Chrysis] vie souterraine. Si elle n'a pas de sépulture et pas d'obole dans la main, elle restera éternellement errante au bord du fleuve des Enfers, ...
, Aphrodite, 1896, p. 237.
2. ... Coré, fille de Cérès, descendit aux enfers pleine de pitié pour les ombres; mais (...) devenue reine, épouse de Pluton, elle n'est plus nommée par Homère que « l'implacable Proserpine ».
GIDE, Les Faux-monnayeurs, 1925, p. 1198.
SYNT. Dieu des enfers (Hadès ou Pluton); déesse des enfers (Perséphone ou Proserpine); filles des enfers (Érinnyes, Euménides ou Furies); juges des enfers (Minos, Éaque et Rhadamante); fleuves des enfers (le Styx, l'Achéron, le Léthé, le Cocyte, le Phlégéton); le nocher des enfers (Charon); Descente aux enfers (d'Ulysse, d'Énée, d'Hercule, d'Orphée).
B.— [Dans l'A. T.] Séjour des morts (avant la rédemption du Christ) :
3. C'est un article de foi que Jésus, après son dernier soupir, est descendu aux enfers pour en ramener les âmes douloureuses qui ne pouvaient être délivrées que par lui.
BLOY, Journal, 1903, p. 168.
II.— Gén. au sing.
A.— [Dans le N. T.] Lieu où les damnés subissent le châtiment éternel. Aller en enfer. Hier, à Saint-Jacques, un prédicateur professionnel s'est mis en frais. Il parlait de l'enfer : le soufre, les flammes, les fourches, les chaudières (DUHAMEL, Journal Salav., 1927, p. 167). Si Dieu le laissait mourir avant qu'il n'ait pu se confesser, il mourrait en état de péché mortel, il irait droit en enfer! (QUEFFÉLEC, Recteur, 1944, p. 186) :
4. ... j'ai peur de l'enfer. Je ne crains pas les tourments du feu. J'ai peur de l'enfer, seulement parce qu'on n'y voit pas Dieu.
SALACROU, La Terre est ronde, 1938, p. 210.
SYNT. Démons, diables de l'enfer; le prince des enfers (Satan); feu, flammes, horreurs, tourments, supplices de l'enfer; brûler en enfer.
[Dans des interj. marquant la colère, l'étonnement] Enfer! Enfer et damnation! (cf. damnation). Enfer et malédiction! Nom d'un triple enfer! est-ce que nous n'entrerons pas? est-ce que ça durera longtemps? (FLAUB., Tentation, 1849, p. 356). Par l'enfer! monsieur de Charmeuse, voilà des paroles qui demandent des coups d'épée (KOCK, Ficheclaque, 1867, p. 218).
[Dans des proverbes, des expr.]
L'enfer est pavé de bonnes intentions. On peut faire le mal sans en avoir l'intention. Que même certains protecteurs (...) de votre client puissent avoir de bonnes intentions, je ne prétends pas le contraire! Mais vous savez que l'enfer en est pavé, ajouta-t-il avec un regard fin (PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 245).
P. anal. Ces vertus à la bergamote ne paveraient-elles pas les routes de l'enfer? (BREMOND, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 264).
Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer (GUITRY, Veilleur, 1911, II, p. 11).
P. méton.
1. Les puissances infernales, les démons qui peuplent l'enfer. Elle sermonna le jeune homme, lui demanda le serment de ne jamais conclure de pacte avec l'enfer (ZOLA, M. Férat, 1868, p. 85). Où l'enfer trouve sa meilleure aubaine, ce n'est pas dans le troupeau des agités qui étonnent le monde de forfaits retentissants (BERNANOS, Soleil Satan, 1926, p. 213) :
5. L'enfer mugit d'un effroyable rire quand, Quand, dégoûté de l'orgueil des méchants, L'ange, (...), Fait éclater ses remords et ses chants.
BÉRANGER, Chansons, t. 3, 1829, p. 116.
♦ Le mal absolu, métaphysique (qui émane des puissances infernales). Tout l'enfer et le ciel de ses personnages est en lui [Shakespeare] (GIDE, Journal, 1927, p. 829). Vous me forcerez à croire qu'il entre perpétuellement de l'enfer dans l'homme, car il ne se fait pas scrupule de tirer de là [insensibilité, absence de sens moral] joie et fierté (GRACQ, Beau tén., 1945, p. 152) :
6. ... la vie présente, considérée comme pouvant faire entrer en nous le ciel ou l'enfer, c'est-à-dire le bien ou le mal, suivant que nous sommes dans l'obéissance à l'être suprême (...) ou rebelles à sa loi...
P. LEROUX, De l'Humanité, t. 2, 1840, p. 851.
Les portes de l'enfer. Le mal absolu symbolisé par l'enfer ouvert sur le monde (cf. Matthieu XVI, 18). Encore quelques jours, et l'empire du Christ sera effacé, et les portes de l'enfer auront prévalu (COTTIN, Mathilde, t. 2, 1805, p. 351). On dit que les portes d'enfer ne prévaudront pas toujours, que la parole de Dieu reviendra, et qu'enfin les hommes connaîtront la vérité et la justice (PROUDHON, Propriété, 1840, p. 146).
2. Tourments subis en enfer (dont le genre, la nature varient suivant les personnes). Le paradis n'est pas autre chose qu'aimer Dieu, et il n'y a pas d'autre enfer que de n'être pas avec Dieu (GREEN, Journal, 1941, p. 61). On parle toujours du feu de l'enfer, mais personne ne l'a vu, mes amis. L'enfer, c'est le froid (BERNANOS, M. Ouine, 1943, p. 1490).
B.— P. métaph. ou au fig.
1. Lieu, situation, qui évoque l'enfer
a) [Par certains aspects matériels partic. désagréables et insupportables; en partic. feu, flammes, chaleur] Des Gorgones (...) la torche à la main, parcourent les carrefours livides de cet enfer; d'autres attisent le feu avec des lances de bois goudronné (CHATEAUBR., Mém., t. 2, 1848, p. 438). Sous ce toit surchauffé, au fond de cet entonnoir sans issue, c'était l'enfer (GIDE, Feuillets d'automne, 1949, p. 1118) :
7. On distinguait des cris lointains parmi le crépitement terrible du feu. Les victimes hurlaient, saisies par cet enfer, et les toits des maisons s'écroulaient sur elles.
VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, Contes cruels, Désir d'être un homme à C. Mendès, 1883, p. 224.
Enfer + compl. déterminatif indiquant ce qui donne cette impression de désagrément. Il voyait d'un côté l'enfer des sables, et de l'autre le paradis terrestre de la plus belle oasis qui fût en ces déserts (BALZAC, Langeais, 1834, p. 243). Notre pauvre diligence, qui se traînait depuis trente heures dans cet enfer de pierrailles (THARAUD, Fête arabe, 1912, p. 165). Dans cet enfer de pierre, de brique et de métal [ce qu'il voit de sa fenêtre], où pas une feuille d'arbre ne vient rafraîchir la vue (GREEN, Journal, 1950-54, p. 17).
b) [Par les souffrances très grandes que l'on endure] La maison est devenue un enfer; enfer conjugal. Il allait [l'abbé] entrer dans une sorte d'enfer, parce qu'il devrait vivre avec la privation (LA VARENDE, Roi d'Écosse, 1941, p. 324). Un homme peut transformer sa chambre en paradis ou en enfer, sans bouger, simplement par les pensées qu'il y logera (GREEN, Journal, 1950-54 p. 96) :
8. Ah! on la connaît, la maison, allez... (...). On est mal nourri... on n'a pas de liberté... On est accablé de besogne... et des reproches, tout le temps, des criailleries... Un vrai enfer, quoi! ...
MIRBEAU, Le Journal d'une femme de chambre, 1900, p. 59.
Enfer + compl. déterminatif indiquant la cause ou la nature des souffrances. Enfer de la faim, de la misère. La province n'est plus pour les Parisiens un enfer d'ennui, une suite de cités englouties dans un passé vivant (MORAND, Excurs. immob., 1944, p. 86). Il [Jacques Rivière] avait, de 1914 à 1918, traversé l'enfer de la captivité (MAURIAC, Du côté Proust, 1947, p. 237) :
9. Le lecteur frissonne en pénétrant dans cet enfer de l'argent qui fut celui de l'auteur des Illusions perdues, drame hallucinant qui a écrasé sa vie et l'a condamné à mourir d'écriture en hurlant sous le fouet de la nécessité.
MORAND, L'Eau sous les ponts, 1954, p. 56.
P. méton. Tourment très vif, insupportable qu'infligent certaines circonstances, certains sentiments, certaines personnes. Envier ce qu'il méprise, c'est l'enfer du génie avorté (MAURIAC, Bloc-notes, 1958, p. 74) :
10. À une époque, je croyais que le pire enfer de la guerre ce sont les flammes des obus, puis j'ai pensé longtemps que c'était l'étouffement des souterrains (...). Mais non, l'enfer, c'est l'eau.
BARBUSSE, Le Feu, 1916, p. 355.
11. Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... ah! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer, c'est les autres.
SARTRE, Huis clos, 1944, 5, p. 167.
Avoir l'enfer dans le cœur, en soi. Être tourmenté. Philippe envie ses pages qui dorment paisiblement (...) tandis que l'enfer de son propre cœur le prive de tout repos (STAËL, Allemagne, t. 2, 1810, p. 295). J'avais l'enfer en moi, je suis l'homme le plus malheureux du monde! (BALZAC, Contrat mar., 1835, p. 339).
Souffrir l'enfer. Souffrir excessivement. Je ne peux, en conscience, me faire arracher toutes les dents; toutes me font souffrir l'enfer (BALZAC, Corresp., 1819, p. 58).
Coûter l'enfer. Causer de grandes douleurs. Le moindre mouvement coûte l'enfer (ARNOUX, Roi, 1956, p. 225).
c) [Par l'idée du mal, du péché, de la méchanceté] Le journalisme est un enfer, un abîme d'iniquités, de mensonges, de trahisons (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p. 250). J'ai voulu jeter un coup d'œil sur cet enfer de Paris pour me donner une idée de l'autre (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Surprise, 1882, p. 18).
Emploi adj. Pourtant la cloche du collège avait quelque chose de plus méchant, de plus enfer (A. DAUDET, Pt Chose, 1868, p. 178).
En partic.
♦ Partie fermée d'une bibliothèque (publique ou privée) contenant des ouvrages de caractère licencieux. À la bibliothèque [du lycée], certains volumes sont marqués d'une croix rouge; c'est l'enfer : des œuvres de Gide, de Diderot, de Baudelaire (SARTRE, Nausée, 1938, p. 205). [Au XVIIIe s.] les hommes sensibles le prodiguent [le mot vertu] et (...) nous le rencontrons avec stupeur jusque dans les Enfers, j'entends : ceux des bibliothèques (VALÉRY, Variété IV, 1938, p. 60).
♦ Maison de jeu. L'or s'en allait en folies. On le buvait, on le jouait, et cette auberge où nous sommes était un « enfer », comme on disait alors (VERNE, Enf. Cap. Grant, t. 2, 1868, p. 153). Il [Byron] commençait à connaître les tavernes douteuses, les dandies de Fop's Alley, les tripots, les « enfers » (MAUROIS, Byron, t. 1, 1930, p. 214).
[En parlant d'une pers.] Porte d'enfer, tison d'enfer. Personne qui fait le mal ou qui pousse au mal. Les sentiments religieux d'Agathe lui faisaient regarder les femmes de théâtre comme des tisons d'enfer (BALZAC, Rabouill., 1842, p. 304). Les saints ne sont pas doux avec les pécheurs; ils les appellent :« suppôts de Satan », « tisons d'enfer », et fulminent sans cesse l'anathème (DUHAMEL, Journal Salav., 1927, p. 66).
2. Loc. à valeur adj. D'enfer. Qui rappelle l'enfer, est digne de l'enfer (cf. diabolique, infernal, satanique). Feu, vie d'enfer, invention, machination d'enfer. Un petit ventilateur, qu'on venait d'installer dans la galerie nord, dans ces régions d'enfer, sous le tartaret, où l'aérage ne se faisait pas (ZOLA, Germinal, 1885, p. 1584). À travers le sol grillé qui envoie un souffle d'enfer, j'entrevois l'abîme des machines (MORAND, Paris-Tombouctou, 1929, p. 32).
♦ [Après un subst. désignant une pers.] Ce maudit Harris! cet américain d'enfer! ce pirate exécrable! ce voleur d'enfants! cet assassin de jeunes filles! cet infâme (ABOUT, Roi mont., 1857, p. 254).
P. ext. Qui est excessif par quelque côté ou qui ne semble pas naturel. Boucan, bruit d'enfer; jouer un jeu d'enfer. Il avait pour l'extraction des dents une poigne d'enfer (FLAUB., Mme Bovary, t. 1, 1857, p. 70). [Il] se se lança dans une petite étude de Stephen Heller, en forme de fanfare, qu'il mena d'un train d'enfer et avec un étourdissant brio (GIDE, Si le grain, 1924, p. 459).
3. Allus. littér.
a) à « l'Enfer » de Dante. Première partie de la Divine Comédie. Après le tourbillon fulgurant du combat, la caverne des miasmes et des pièges (...) Jean Valjean était tombé d'un cercle de l'enfer dans l'autre (HUGO, Misér., t. 2, 1862, p. 530). Déclassement, dernier cercle de l'enfer bourgeois, damnation sans recours! (BERNANOS, Crime, 1935, p. 869).
b) à « Une saison en Enfer » d'A. Rimbaud. Fasciné par l'envie de lui faire du mal, de la punir de cette « saison en enfer » qu'elle lui avait fait passer, il lui fallait lutter aussi contre cette envie (MONTHERL., Lépreuses, 1939, 2e part., p. 1468) :
12. Après une saison en enfer de quatre années, ce pays couvert de ruines et creusé de tombes retrouve (...) ce langage de la grandeur dont bien avant le désastre de 1940, il avait déjà perdu l'usage.
MAURIAC, Le Bâillon dénoué, 1945, p. 439.
Prononc. et Orth. :[]. r final se prononce dans les mots (peu nombreux) où -er appartient au radical : enfer, fer, hiver, ver; amer, cher, fier; hier, tiers (cf. MART. Comment prononce 1913, p. 294). Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin Xe s. relig. chrét. enfern « lieu destiné au supplice des damnés » (Passion, éd. d'A. S. Avalle, 387); 2. 1re moitié XIIe s. subst. masc. plur. relig. judéo-chrét. enfers « séjour des morts » (ds Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, p. 255); 3. ca 1165 mythol. antique anfer ([CHR. DE TROYES], G. d'Angleterre, éd. W. Fœrster, 908); 4. ca 1245 fig. enfer « tourment » (G. DE LORRIS, Rose, éd. F. Lecoy, 2580). Empr. au lat. chrét. infernus, infernum subst. aux sens 1 et 2, lat. class. plur. inferni sens 3, substantivations du lat. class. infernus, a, um « d'en bas ». Fréq. abs. littér. : 3 417. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 6 139, b) 4 524; XXe s. : a) 4 170, b) 4 360. Bbg. GOTTSCH. Redens. 1930, p. 363. — LEHTONEN (M.). Le Fleuve du temps et le fleuve de l'enfer ... Neuphilol. Mitt. 1967, t. 68; 1968, t. 69, pp. 101-128. — ROG. 1965, p. 103, 182.

enfer [ɑ̃fɛʀ] n. m.
ÉTYM. 1080; enfern, Xe; lat. classique inferna, n. plur., « demeures des dieux » (sens I, 1) et lat. ecclés infernus « enfer » (sens II, 1), l'un et l'autre par substantivation de l'adj. infernus « d'en bas, d'une région inférieure », doublet de inferus → Infère.
———
I
1 (Au plur.). Dans la mythologie gréco-latine, Lieu souterrain habité par les morts, séjour des ombres. Abîme, 2. tartare (cit.); → Les sombres bords, le sombre empire, les sombres rivages, le séjour des ombres, des morts, le ténébreux séjour. || Le Styx, l'Achéron, le Léthé, l'Éridan, le Cocyte, le Phlégéton, fleuves des enfers. || La barque de Charon conduisait aux enfers les âmes des morts. || Hadès ou Pluton, dieu des enfers. || Minos, Eaque et Rhadamante, juges des enfers. || Cerbère, gardien de l'entrée des enfers. || La descente aux enfers d'Ulysse (Odyssée), d'Énée (Énéide), d'Hercule, d'Orphée… (→ Centaure, cit. 1). || Orphée aux enfers, toile de Rubens.Au sing. (rare). || Filles d'enfer (→ ci-dessous, cit. 2). Euménides, furie.
1 Minos juge aux enfers tous les pâles humains.
Racine, Phèdre, IV, 6.
2 Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
Racine, Andromaque, V, 5.
3 Je vais chercher son ombre (d'Ulysse) jusque dans les enfers.
Fénelon, Télémaque, XIV.
4 (…) il précipite dans les enfers une foule de combattants (…)
Fénelon, Télémaque, XV.
2 (Sing. ou plur.). Séjour des morts chez les Juifs de l'Ancien Testament. || Jésus-Christ est descendu aux enfers après sa mort. || L'enfer des Hébreux. Géhenne, schéol. — ☑ Fig. Les portes de l'enfer : la mort et le mal.
5 Et moi je vous dis que vous êtes Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle.
Bible (Sacy), Évangile selon saint Matthieu, XVI, 18.
5.1 À quelques lieues d'ici, par ce beau soir paisible
Les portes de l'enfer s'ouvrent pour des vivants.
A. Maurois, les Silences du colonel Bramble, p. 224.
———
II
1 (Au sing.). Dans la religion chrétienne, Lieu destiné au supplice des damnés. || De l'enfer. Infernal. || Satan fut précipité du ciel en enfer (→ Ange, cit. 11). || Aller, descendre, tomber en enfer.Loc. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer.Avoir peur de l'enfer. || Châtiment, peines, horreurs de l'enfer. Dam, sens (peine du). || Réprouvés condamnés aux flammes éternelles, au feu, aux ténèbres de l'enfer (→ Chaudière, cit. 1). || Cris, lamentations des damnés de l'enfer. || Les démons, les diables de l'enfer ( Démon, diable). || Vestibule de l'enfer (→ Antre, cit. 5). || Gouffre de l'enfer (→ Barathre; aussi littér. averne). || Les bouches de l'enfer. || Les portes de l'enfer, sculpture de Rodin. || Capitale imaginaire de l'enfer. Pandémonium.L'Enfer de Dante, première partie de la Divine Comédie, où l'enfer est matérialisé par neuf cercles concentriques s'enfonçant jusqu'au centre de la terre. || Les cercles de l'Enfer.Par ext. || Les suggestions de l'enfer. Démon, mal. — ☑ Prov. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Intention.
6 (…) je t'apprends (…) que tu vois en Dom Juan, mon maître, le plus grand scélérat que la terre ait jamais porté, un enragé, un chien, un diable, un Turc, un hérétique, qui ne croit ni Ciel ni Enfer (…)
Molière, Dom Juan, I, 1.
7 Ceux qui espèrent leur salut sont heureux en cela, mais ils ont pour contrepoids la crainte de l'enfer. — Qui a plus de sujet de craindre l'enfer, ou celui qui est dans l'ignorance s'il y a un enfer, et dans la certitude de damnation, s'il y en a; ou celui qui est dans une certaine persuasion qu'il y a un enfer, et dans l'espérance d'être sauvé, s'il est ?
Pascal, Pensées, III, 239.
8 Ce qu'il y avait de bizarre était que, sans croire à l'enfer, elle ne laissait pas de croire au purgatoire. Cela venait de ce qu'elle ne savait que faire des âmes des méchants, ne pouvant ni les damner ni les mettre avec les bons jusqu'à ce qu'ils le fussent devenus, et il faut avouer qu'en effet, et dans ce monde et dans l'autre, les méchants sont toujours bien embarrassants.
Rousseau, les Confessions, VI.
9 Ayez de la pitié, gouffres, prisons, géhenne,
Sépulcre, chaos, nuit, désolation, haine,
Ayez de la pitié, si le ciel n'en a pas !
Sur Satan, de si haut précipité si bas,
Ô voûtes de l'enfer, laissez tomber des larmes !
Hugo, la Fin de Satan, III, XII.
10 C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
Baudelaire, les Fleurs du mal, Au lecteur.
11 C'est ainsi que sur nous Dieu fait tonner Sa grâce.
Ne force pas qui veut les portes de l'enfer.
P.-J. Toulet, les Contrerimes, « Coples », IX.
12 Il sous-entendait par là qu'il n'y avait pas de demi-mesures, qu'il n'y avait que le Paradis et l'Enfer, et qu'on ne pouvait être que sauvé ou damné, selon ce qu'on avait choisi.
Camus, la Peste, p. 245.
Par métonymie. || Les puissances de l'enfer : les démons. || Faire un pacte avec l'enfer.
Loc. Vx. Porte d'enfer, tison d'enfer : personne méchante.
Situation des damnés, d'un damné, ou situation analogue. || L'enfer de qqn, son enfer. || C'est un enfer.REM. Cette valeur reste métaphorique du sens religieux. → aussi le sens fig., ci-dessous, 2.
13 Je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l'orgueil, — et l'enfer de la caresse; un concert d'enfers.
Rimbaud, Une saison en enfer, Nuit de l'enfer.
14 On juge l'enfer d'après les maximes de ce monde et l'enfer n'est pas de ce monde. Il n'est pas de ce monde, et moins encore du monde chrétien. Un châtiment éternel, une éternelle expiation — le miracle est que nous puissions en avoir l'idée ici-bas, alors que la faute à peine sortie de nous, il suffit d'un regard, d'un signe, d'un muet appel pour que le pardon fonce dessus, du haut des cieux, comme un aigle (…) L'enfer, madame, c'est de ne plus aimer.
Bernanos, Journal d'un curé de campagne, p. 180.
15 Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril… Ah ! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer, c'est les Autres.
Sartre, Huis clos, V.
Loc. (allus. à Rimbaud). Une saison en enfer : un moment terrible, infernal.
Par métaphore. Le mal absolu, métaphysique. || Le ciel et l'enfer dans l'homme.
2 Fig. Lieu, situation qui évoque l'enfer, par son caractère douloureux, insupportable, ignoble.
a (Au physique). Lieu de supplices, de tortures.
15.1 Si elles perdent l'équilibre, elles risquent, ou de tomber sur des épines qui sont placées près de là, ou de se casser un membre, ou même de se tuer (…) — Oh Ciel ! dis-je à ma compagne en frémissant d'horreur, peut-on se porter à de tels excès ! Quel enfer !
Sade, Justine…, t. I, p. 170.
(Évoquant la chaleur, le feu…). || C'est un enfer, c'est l'enfer ici. || La ville en flammes, le brasier était un enfer.
L'enfer de… || « L'enfer des sables » (Balzac). || Un enfer de pierres volcaniques. || L'enfer des usines, des fonderies.
15.2 Dans cet enfer de pierre, de brique et de métal, où pas une feuille d'arbre ne vient rafraîchir la vue.
J. Green, Journal (1950-1954), p. 17.
b (Au moral). Lieu ou situation de souffrances intenses. || Sa vie est un enfer. || Quel enfer ! || C'est l'enfer sur la terre. || L'enfer des pauvres. → Paradis, cit. 4, Hugo. || L'attente est un enfer pour les amoureux (→ Attendre, cit. 28). || Ce travail est un enfer (→ Difficile, cit. 25).
16 (…) j'abhorre des nœuds
Qui deviendraient sans doute un enfer pour tous deux.
Molière, Dom Garcie, I, 1.
17 Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux,
Avant le mariage anges si gracieux,
Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages,
Vrais démons, apporter l'enfer dans leurs ménages (…)
Boileau, Satires, X.
18 C'est dans vos cœurs insatiables, rongés d'envie, d'avarice et d'ambition, qu'au sein de vos fausses prospérités les passions vengeresses punissent vos forfaits. Qu'est-il besoin d'aller chercher l'enfer dans l'autre vie ? il est dès celle-ci dans le cœur des méchants.
Rousseau, Émile, IV.
19 Les remords restèrent, et ils furent ce qu'ils devaient être dans un cœur si sincère. Sa vie fut le ciel et l'enfer : l'enfer quand elle ne voyait pas Julien, le ciel quand elle était à ses pieds.
Stendhal, le Rouge et le Noir, I, XIX.
20 Non, il n'est pas vrai que la vieillesse soit un enfer à la porte duquel on doive écrire : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ».
A. Maurois, Un art de vivre, p. 231.
Avoir l'enfer dans le cœur, l'âme : être tourmenté par le remords, la haine, les ressentiments…Porter son enfer en soi : être la cause de ses propres souffrances.
Enfer de… (le compl. qualifie les souffrances). || Un enfer d'ennui, de tristesse.
c Lieu, situation où règne le mal. || L'enfer de l'argent.
(Fin XIXe). Spécialt, vx. Maison de jeu, tripot.
Département (d'une bibliothèque) où sont déposés les livres interdits au public. || L'Enfer de la Bibliothèque nationale.
3 Loc. adj. (1802). || D'enfer : qui évoque l'enfer.C'était une vision d'enfer, affreuse, horrible.Par ext. (sans aspect pénible). Très intense (dans quelques contextes). Infernal.Aller un train d'enfer, dangereusement vite (→ Brio, cit. 3). — ☑ Jouer un jeu d'enfer, un très gros jeu.Un feu d'enfer, très violent.
21 Nous allions un train d'enfer, nous dévorions le terrain, et les vagues silhouettes des objets s'envolaient à droite et à gauche avec une rapidité fantasmagorique.
Th. Gautier, Voyage en Espagne, p. 37.
22 Un appétit d'enfer, figure-toi, de ces faims terribles qui ne peuvent attendre.
Alphonse Daudet, Numa Roumestan, XI, p. 220.
CONTR. Ciel, paradis.
DÉR. (Du lat. infernum) V. Infernal.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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